Bussibérien avec David Foenkinos

IMG_1863Faites le test.

Celui du « Le mot délicatesse, ça t’évoque quoi? ». Vous observerez que l’individu lambda se divise alors en deux groupes: celui qui a lu Foenkinos, ou pas.

Dans la première catégorie, une de mes amies (Appellons-la dorénavant « la copine de Rohanne ») est gagnante haut la main, catégorie « fan de », mention spéciale « super addict qui a tout lu ». Et parce que la vie nous réserve parfois des surprises de taille, par une soirée pluvieuse nous nous sommes retrouvées embarquées dans un bus des années 30, à côté de David Foenkinos…

On sait toujours quand une histoire commence.

Celle-ci débute par la vue d’un concours dans un couloir du métro. La participation de la copine. Le désistement d’un inconnu de dernière minute. Un coup de fil la veille du rendez-vous pour prendre la place vacante.

     Bercy. Il pleut. Comme à chaque épisode d’intempéries, je m’épate des innovations médicales, de la conquête spatiale et des effets spéciaux au cinéma, tandis que de Denis Papin à Steve Jobs un problème primordial demeure insoluble: pourquoi un parapluie pliable n’est pas foutu de résister à une bourrasque sans se retourner. Sur ces considérations dignes de Newton, j’entre dans la Maison de la Ratp.

maison de la ratp

     La petite trentaine d’élus est déjà là. Mais pas le temps de faire connaissance, l’expérience va commencer. Direction le laboratoire véhicule, un bus sorti des années 30. Parce que je ne monte jamais dans le véhicule d’un inconnu, appelons dorénavant le bolide « Simone ». Non, cela n’obéit à aucune logique scientifique ou littéraire, mais il faut bien poser des présupposés pour toute expérimentation, et tu es d’accord, lecteur avide de logique cartésienne, que si on l’appelait David, ça compliquerait le récit vu que l’histoire en contient déjà un. Alors en voiture Simone. Et la demoiselle a beau avoir un charme désuet irrésistible, je me demande tout de même si elle va être en état de nous emmener en balade. Après tout, Simone a l’âge de ma grand-mère et quiconque connait mon aïeule jugerait sage de ne pas retenir sa respiration en attendant qu’elle nous fasse faire le tour de la capitale. Mais en hommage, appelons-moi dorénavant « la petite fille de ma grand-mère ».

Simone, bus années 30

     Zut, le temps de ces considérations automobiles et familiales, tout le monde est déjà monté à bord. On a beau compter les sièges encore et encore, l’arithmétique a cela d’immuable que quand un bus est plein, il est plein. Et Simone n’ayant pas passé son permis « Poudlard Express », nul ne saurait faire apparaitre de nouveaux sièges. Je La petite fille de ma grand-mère plisse le front, Simone dispose d’une plateforme certes vintage mais les trombes d’eau qui l’entourent rendent le lieu peu accueillant.

Encore faut-il qu’on démarre, remarque la copine de Rohanne la petite fille de ma grand-mère, et avec la chance qu’on a, on risque d’être réquisitionnées pour pousser la ferraille ou tourner la manivelle à l’avant. 

Mais un ronronnement se fait entendre, le moteur tourne sans encombre. Après tout, ma mamie aussi démarre au quart de tour. Visiblement, nous allons partir. La copine de Rohanne la petite fille de ma grand-mère est sur le point de se résoudre à rester debout dans l’allée quand un choix s’est offert à nous.

Sur ma droite, le conducteur de Simone nous prend en pitié et propose de faire le trajet à ses cotés, dans la cabine à l’avant.

Sur ma gauche, un être se lève au premier rang face à l’assistance, chevelu et élancé, pour nous offrir de s’assoir près de lui, en demandant à ses voisins de se pousser, David Foenkinos. Appelons-le dorénavant « L’auteur préféré de ma copine la copine de Rohanne la petite-fille de ma grand-mère ».

La reflexion est de courte durée, parce qu’on a beau tous avoir comme rêve de gosses de faire des « Tchoutchous » dans l’habitacle à côté du conducteur, le moteur de Simone ronfle comme un sonneur et couvrira tout ce qui se dira à l’arrière. (Note que si Simone avait bien été le Poudlard Express, l’issue aurait été différente et je n’aurais pas hésité). Excusez-moi, pardon, tout le monde se pousse au premier rang, la copine de la petite fille de ma grand-mère se retrouve littéralement à coté de son auteur préféré. Elle en ferait un pipi de joie. Aussi, la copine de la copine (ou la petite fille de la grand-mère) espère juste que la vessie de la copine tiendra le coup, parce que Simone a des fauteuils en cuir et la copine, un minimum de savoir-vivre.

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Bastille. A travers les rues pluvieuses de la capitale, la discussion démarre. Face à la petite-fille de la grand-mère, ou à coté de l’auteur préféré de la copine de la petite-fille -sur sa gauche, parce que sur sa droite siège ladite copine à la vessie en danger- un acteur lit au micro des passages du dernier roman de l’auteur préféré : Je vais mieux.

Un jour, je me suis réveillé avec une inexplicable douleur dans le dos. Je pensais que cela passerait, mais non. J’ai tout essayé…

Ile de la Cité. Entre les lectures d’extraits, qui transportent le héros entre conversations en famille, osthéopathe et magnetiseuse, l’auteur préféré répond aux questions de l’assistance, essentiellement féminine, mais d’âges divers. Les inspirations, les pourquois, les comments, il répond à tout avec bienveillance et humour.

Le Louvre. La fan de son auteur préféré, soit sa voisine, s’essaie à une question, les fossettes fichées sous ses pommettes rougies d’émotion. Ils parlent théâtre. La balade suit son cours. Simone devra tout de même rentrer au bercail au bout d’une heure, une dame de son âge étant soumise au couvre-feu.

Descente de ce bussibérien, balade improbable entre des vitres embuées un soir de printemps, après une petite dédicace pour mon amie, qu’on appellera désormais « La voisine de bus de l’auteur préféré de la copine de la petite-fille de ma grand-mère ».

photo (5)

 — EDIT — :

« C’est magnifique! Merci! Et les photos sont belles. MERCI MERCI! A bientôt dans l’avion! Un concours Air France ah ah! »

Parce qu’il existe parfois des mails qu’on ouvre de façon banale, sans reflechir, et qui nous réservent de sacrées surprises! Comme celui-ci contenant la réponse de David Foenkinos, après avoir lu cet article :)

Alors je partage cette jolie missive. Enjoy!

By Rohanne

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Catégories :Entre Pop'Corn & Marque-Pages, Entre Vieilles Filles & Amazones

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3 réponses

  1. Je ne connais pas bien cet auteur. Le livre est bien ?

    • Le livre est fidèle à son écriture, donc c’est une valeur sure, et un bon moyen de découvrir l’auteur. Pour le reste, je n’en dis pas plus, je te laisse te faire ta propre idée :) Si tu veux commencer par son ouvrage le plus populaire, c’est « La Delicatesse ». Bonne lecture !

Rétroliens

  1. Une langue à Fleur de Pot « Entre Biberons & Mascara

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