N°5 culture Chanel, l’antiseche

L’exposition au Palais de Tokyo N°5 Culture Chanel s’achève demain.

« Gloups, Fichtre, Damned » et autres Diantres te dis-tu, lecteur qui a raté une occasion d’aller sniffer un petit coup de number five. Alors pour briller en soirées mondaines et pouvoir en parler sans prendre la honte (et devoir avouer que tu es resté chez toi en train de tout dégommer au dernier Tomb Raider), voilà ton anti-sèche.

IMG_1769Première mise en garde afin d’éviter à ton interlocuteur de s’étrangler avec une tomate cerise: éviter les justifications douteuses du type « c’est la crise/c’était trop cher/en ce moment, c’est dur ». La raison est toute simple, c’était gratuit. (ben oui…) Donc. Comme il n’y a vraiiiment plus d’excuse pour ne pas y avoir été, ci-dessous tes notes pour ton apéro dinatoire en société.

En guise de prologue, c’est à travers le jardin composé par l’artiste Piet Oudolf que se fait l’entrée dans l’exposition.

La bourde à éviter: Les fleurs et verdure présentées ne sont pas les essences qui composent le parfum, mais simplement ce que cela évoque à l’artiste.

Fiche spéciale pour se la pêter grave: agite ta coupette de champ’ et balance d’un air entendu que « c’est super, c’est la première contribution de cet artiste en Fraaance!« 

Une fois dans la salle d’expo, on erre joliment parmi trois rangées vitrées regorgeant de pépites diverses. L’allée centrale est dédiée au livre spécialement créé par Irma Broom.

La bourde à éviter: « Super illustrations, très belles couleurs« . Si tu ne veux pas avoir à piquer du nez à la recherche d’une saucisse cocktail salvatrice face au silence gênant qui risquerait de s’installer après cette phrase, sache que ce livre était d’une beauté immaculée, aux pages blanches simplement gravées d’images ou de citations de Mademoiselle Chanel par écriture tactile autant que visuelle, par points saillants.

Fiche recap: en gros c’était de vraies lettres, mais aucune encre, poinçonnées en relief; comme du braille, quoi.

Pour déambuler devant les autres vitrines, l’audioguide venait à notre secours.

La bourde à éviter: « Quel audioguide ? Nooon, pas besoin, moi j’adoore lire les pancartes, et je te rappelle que je comprends le français. Ah ah. » Ca y est, ton addiction à la gâchette virtuelle vient d’être étalée au grand jour. Non, ici l’audioguide n’était pas réservé aux touristes allemands en short et en chaussettes-sandales, mais prévu pour tous, parce que les vitrines étaient dépourvues de vignettes explicatives.

Le contenu de l’expo, en bref: Après une première évocation de sa relation à Arthur « Boy » Capel, c’est sur celles qui la lient rapidement aux artistes de l’époque que l’exposition se concentre. Au milieu des quelques 200 objets exposés, des poèmes d’Apollinaire, des dessins de Picasso, des photos signées Man Ray, de Cocteau à Diaghilev, tous nous précisent un peu plus les influences et le contexte de cette révélation, l’affirmation de ce que Gabrielle Chanel est en passe de créer, « Inflechir le cours de l’histoire, pas celle de l’art, celle du féminin, un projet audacieux qu’elle réalise d’abord pour elle-même ».

A stabiloter: Tu peux donc te fendre d’un « Etonnament, elle s’imprègne des influences Dada » avec forces hochements de tête et petit nez froncé. (De rien). Un plateau de petits fours vous repasse devant? C’est le moment de surenchérir: c’est sa rencontre avec le « nez » Ernest Beaux qui va provoquer la naissance du n°5. La signature olfactive? Indéfinissable. Choper un truc osé, du type macaron salé poivron-basilic et avant de l’enfourner sans hésitation, assener: « C’est l’audacieux amalgame, l’absence de note dominante parmi les 80 composants, dont certains de synthèse, qui fait la profondeur du N°5. »

 IMG_1779Ton patron est là et tu veux faire l’esthète? Sors la carte du packaging! Evoquer, dans le désordre:

1. le flacon aux lignes inspirées des flasques de voyage masculines -une révolution pour l’époque,

2. le nom lui-même -une bombe parmi les noms fleurs bleues des concurrents,

3. l’emballage carton aux lignes épurées -clairement inspiré des collages cubistes,

4. la sobriété de l’étiquette – qui rappelle les « papillons » Dada, petits tracts ou très courts textes souvent signés Tristan Tzara.

Tu comptais demander une augmentation: Tenter, la main sur le coeur, un petit « Et ça m’a fait quelque chose, moi, de voir les partitions de Satie » (Snif) Et préciser ensuite avec conviction que non, tu n’as pas participé aux ateliers olfactifs proposés. Parce que tu as l’élégance d’aimer Chanel, ok, mais tu travailles beaucoup, faut pas exagérer. Et tu as une vie, aussi (« D’ailleurs, je vous ai parlé de mon talent pour les jeux vidéo ? » est à proscrire, ruinant le travail jusque là effectué sauf si ton patron est un gros geek.)

La fin de l’expo se concentre sur les objets eux-mêmes inspirés du N°5, de Dali à Warhol, puisque comme le dit Jean-Louis Froment, le directeur de l’exposition « Le N°5, pour moi, ce n’est pas un parfum, c’est un objet de culture ». Viennent enfin les égéries et publicités du parfum, et moi revoir Marylin Monroe, ça me fait toujours plaisir. Non, là je ne souffle rien, lecteur, mais permets juste que je donne mon avis. Hein, quand même.

Enfin, à l’étage, un espace multimédia repassait l’intégralité des films publicitaires, des années 50 au tout dernier clip avec Brad Pitt, en passant par la campagne américaine signée Avedon dans les années 70 avec une Catherine Deneuve moyen à l’aise. Puis dans un écrin voué au cocooning, des livres à disposition du public, autour de 7 composants du parfum.

Avant de rallumer ta console, je te donne un dernier truc: La Fiche Bonus, pour faire rager la fashionista du 3e que tu ne peux pas piffrer: Négligemment énoncer qu’il faisait partie de la collection, que tu l’as vu de près et que « Le collier de la pub avec Nicole Kidman était maaagnifique, 320 diamants, une merveille« . Et paf.

chanel-n-5 nicole-kidman

By Rohanne

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